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LE SOUFISME

 

                Etienne COUVERT dans  « La GNOSE UNIVERSELLE. » page 65, Editions de Chiré, nous donne un

résumé précis du soufisme.

                On pense que le mot « soufi. » vient de « sûf » qui veut dire « laine » parce que les soufis portaient le

costume des philosophes néo-platoniciens, grand manteau de laine blanche, la khirba, bâton et longue barbe.

Cependant, il est plus logique d’y voir une transcription du grec ‘sophos’- sage- que l’on retrouve dans ‘faylasôf’’ du

grec ‘philosophos’. Les derviches et les fâquirs sont eux aussi des soufis populaires.

                L’enseignement des soufis d’après M. Garcin de Tassy.

1°) Dieu seul existe, il est dans tout et tout est en lui et tout est lui-même.

2°) Tous les êtres visibles et invisibles en sont une émanation « divinae particula aureae » et n’en sont pas

réellement distincts.

3°) Les soufis ne sont pas assujettis à la loi extérieure. Le paradis et l’enfer, tous les dogmes enfin des religions

positives ne sont pour le soufi que des allégories dont seul il connaît l’esprit.

4°) Ainsi, les religions sont indifférentes. Elles servent cependant de moyen pour arriver à la réalité. Quelques unes

peuvent être plus avantageuses que d’autres pour atteindre ce but, entre autre la religion musulmane, dont la doctrine

des soufis est la philosophie.

5°) Il n’existe pas réellement de différence entre le bien et le mal, puisque tout se réduit à l’unité et qu’ainsi Dieu est

en réalité l’auteur des actions de l’homme.

6°) C’est Dieu qui détermine la volonté de l’homme et ainsi ce dernier n’est pas libre de ses actions.

7°) L’âme préexiste au corps et y est enfermé comme dans une cage ou dans une prison. La mort doit donc être l’objet

des vœux des soufis, car c’est alors qu’il rentre dans le sein de la divinité dont il émane et qu’il obtient ce que les

bouddhistes nomment le nirvana, c’est-à-dire l’anéantissement en Dieu.

8°) C’est par la métempsychose que les âmes qui n’ont pas rempli leur destination ici-bas sont purifiées et deviennent

dignes d’être réunis à Dieu.

9°) La principale occupation des soufis doit être de méditer sur l’unité et de s’avancer progressivement par les divers

degrés de la perfection spirituelle afin de mourir en Dieu et d’atteindre dès ce monde à l’unification avec Dieu.

Le soufi est absorbé en Dieu contrairement au chrétien qui est participant à la vie divine par la réception des

sacrements. Dieu a créé l’homme libre et respecte sa volonté. « Dieu admirable dans ses saints. » St François de

Sales n’est pas St François d’Assise, mais tous deux sont saints.

Le Soufisme, c’est la gnose ; la gnose, c’est la négation du péché originel et du mystère de la Trinité. Permettez-

moi de revenir sur ces notions qui sont difficiles à cerner mais qu’il est essentiel de comprendre pour avoir une vue

juste de l’Islam et de la personne de Jésus.

Dès la fin du premier siècle et au commencement du deuxième, les esséniens et les ébionites s’en prirent à la

divinité du Fils. Jésus-Christ est un homme sur lequel est descendu, au moment du baptême, un esprit supérieur

créé, c’est-à-dire le Christ, lequel s’était déjà manifesté en Adam et dans les prophètes.

Chez les gnostiques, la conception de la Trinité est complètement défigurée. Quelques uns, comme les ophites,

admettent trois termes : le Père, ou le premier homme ; le Fils, ou Ennoia, le second homme ; et le Saint Esprit

qu’il regarde comme un être féminin.

Mais pour les gnostiques, il existe un seul principe, ineffable, incompréhensible, sans rapport avec le visible :

entre lui et nous se place le monde spirituel des éons, lesquels créent le monde sensible et agissent en dehors du

Père universel. Un de ces êtres, l’éon Christ, descendra un jour sur le Rédempteur et formera ainsi Jésus-Christ.

Deux êtres donc dans le Sauveur : l’un terrestre et humain, Jésus, l’autre céleste et divin, mais cependant créé, le

Christ, qui s’unit à Jésus pour opérer en lui le salut des hommes. Dès lors, aucune communauté de nature entre le

Christ et le vrai Dieu.

Vers la fin du deuxième siècle, Théodore le corroyeur, chrétien apostat, prétendit que Jésus, n’était point Dieu,

mais un homme. Né d’une vierge, Jésus n’avait que la nature humaine, mais, en vivant plus saintement que les

autres, il mérita des faveurs divines, et, au moment du baptême, le Christ descendit sous la forme d’une colombe

pour lui communiquer des puissances d’un ordre supérieur qui lui permirent d’opérer des miracles.

 

Quels seront les guides du soufi ?

 

- ADAM, le premier humain qui a reçu le souffle de vie de Dieu.

- MOÏSE, lui qui a parlé avec Dieu sans barrières.

- JESUS, le verbe de Dieu incarné dans le monde mais un simple mortel. « Jésus ne participe en rien à la nature

divine, ni ne mérite l’adoration du simple fait qu’il est un être dépouillé, car tous les habitants du monde du

Malakût et du Jabarût sont de cette nature. » (Qâshânî p. 142)

- MUHAMMAD, monté au ciel, son ascension –désignée symboliquement par le « jujubier de la limite » (S. 79,

14) « (Le jujubier), c’est l’Esprit suprême qui est l’extrême limite des degrés du Paradis. (…) Il n’y a rien au-

dessus d’elle, si ce n’est l’ipséité pure. » (ibidem p. 56)