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LA ROYAUTE SOCIALE

DE

NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST

 

« Instaurare omnia in Christo. »

« Tout restaurer dans le Christ. »

 

                Le 8 Novembre 1859, le cardinal Pie, dans un sermon prêché à Nantes, rappelle les fondements scripturaires

de la royauté sociale du Christ :

« Jésus-Christ est encore au berceau et déjà les mages cherchent le roi des Juifs…Jésus est à la veille de mourir, Pilate

lui demande : ‘Vous êtes donc roi’ …‘Vous l’avez dit’, répond Jésus ; et cette réponse est faite avec une telle autorité

que Pilate, nonobstant toutes les représentations des Juifs, consacre la royauté de Jésus par une écriture publique et

une affiche solennelle. »

                Avant de monter au ciel, Jésus s’adresse à ses apôtres en ces termes : « Toute puissance m’a été donné au

ciel et sur la terre. Allez donc, et enseignez toutes les nations. » Le cardinal ajoute : « Remarquez, Jésus ne dit pas

toutes les hommes, tous les individus, toutes les familles, mais toutes les nations. »

                Le cardinal Pie ramène à deux les titres de Jésus-Christ à la royauté : le droit de naissance et le droit de

conquête.

                Le droit de naissance, c’est le droit qui appartient au Fils de Dieu fait homme, « l’apanage obligé de la

personnalité divine. »

                Mais Jésus a fait plus : il a conquis ce droit qui est la conséquence de son sacrifice suprême, Saint Paul le

déclare clairement dans son épître aux Philippiens : « Etant l’image vivante et consubstantielle du Père…Il s’est

pourtant anéanti Lui-même…Il s’est humilié, se rendant obéissant jusqu’à la mort et la mort de la Croix…Voilà

pourquoi Dieu L’a exalté et Lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus, tout genou

fléchisse au Ciel et sur terre et dans les enfers. »

 

                Les nations doivent reconnaître la ROYAUYE DU CHRIST.

                Le cardinal Pie prend soin de souligner que le dogme catholique consiste dans l’enchaînement de ces trois

vérités :

1) Un Dieu qui règne au ciel.

2) Le Fils de Dieu qui a été envoyé vers les hommes.

3) L’EGLISE qui est l’organe et l’interprète permanent de Jésus-Christ sur la terre, assistée par l’Esprit Saint.

                « Or ces trois vérités liées l’une à l’autre sont le triple faisceau qu’il est impossible de rompre…Ne touchez

pas à une seule de ces vérités, il ne resterait plus rien des deux autres. »

 

                L’APOSTASIE DES NATIONS.

                Le cardinal jette un regard sur le passé. Il évoque le temps où « le droit chrétien était le droit général de

l’Europe. » Il ajoute que ce droit était en outre pour la société, de tous les bienfaits. Il évoque les grands figures de ce

passé : Charlemagne, saint Henry d’Allemagne, saint Etienne de Hongrie, saint Wenceslas de Bohême, Ferdinand de

Castille. (Il aurait pu ajouter Clovis, roi des Francs, fondateur de la France chrétienne en 496) Il ne nie pas que ces

sociétés d’autrefois eussent leurs vices, mais on peut dire avec lui que « tout ce qui subsiste aujourd’hui encore de vraie

civilisation, de vraie liberté, de vraie égalité et fraternité a été le produit du christianisme européen » et

que « l’affaiblissement du droit chrétien de l’Europe a été le signal de la décadence et de l’instabilité des pouvoirs

humains. »

                Qu’en est-il du présent ?

                « Le présent, c’est Jésus-Christ chassé de la société, c’est la sécularisation absolue des lois ; de l’éducation,

du régime administratif, des relations internationales et de toute l’économie sociale. »

La conclusion s’impose : « L’erreur dominante, le crime capital de ce siècle, c’est la prétention de soustraire la

société publique au gouvernement et à le loi de Dieu. C’est l’apostasie. »

Devoirs de l’élite intellectuelle et des chefs.

Rappelant que les peuples ne sont entrés en masse dans l’Eglise qu’à la suite de leurs princes, le cardinal

proclame : « C’est par les princes, les chefs des peuples que Jésus-Christ a régné autrefois, et c’est par eux qu’il

veut régner aujourd’hui. » « Sachez au moins votre catéchisme, vous qui gouvernez le monde ! »

Quand aux intellectuels, il fustige chez eux la mauvaise philosophie, car affirme-t-il : « La mauvaise politique

n’est autre chose que la mauvaise philosophie érigeant ses principes en maximes de droit public. » D’où il importe

de former de bonnes élites dans de vraies écoles catholiques. Les dirigeants politiques ont parfaitement compris

l’enjeu de la jeunesse en soustrayant l’enfant de l’Ecole catholique.

Le Christ était apparu à Sœur Marguerite Marie le 17 juin 1689. Que demandait-il ? La consécration du royaume

de France au Sacré Cœur de Jésus par le roi Louis XIV. Par cette consécration, Jésus voulait régner dans les

palais royaux. Or cette consécration n’a pas été faite. Conséquence : Le Christ est rejeté de toutes les institutions

françaises. C’est la V°République maçonnique. Ce sont les cinq plaies du Christ qui coulent.