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La recension du calife Oth'ma

L'édition du Coran, dans sa forme telle que nous la connaissons, est attribuée au calife Oth’man. (644/656).

Nous n’avons pas de copie du Coran primitif de Abou-bakr, ni du texte de Omar.

Oth’man comprit la nécessité d'arrêter à temps la diffusion dangereuse de rédactions et copies de caractère privé,

où fourmillaient incorrections et variantes.

Le manuscrit d'Al-Kindi nous apporte quelques détails complémentaires sur les circonstances qui motivèrent la

décision de ce calife :

Lorsque le pouvoir parvint à Oth'man... les gens lisaient différemment les uns des autres... En ce temps-là,

quelqu'un lisait un verset et un autre le lisait différemment, et l'un disait à l'autre : « ma lecture est meilleure

que la tienne ». Chacun se référait au maître d'après lequel il lisait et ainsi le texte était augmenté ou abrégé,

changé ou altéré.

On rapporta donc à Oth'man que les gens lisaient le texte de manières différentes, qu'ils y ajoutaient ou en

retranchaient, qu'ils se disputaient à son sujet, que l'inimitié les gagnait et qu'ils se divisaient en partis opposés,

et que, si la situation se prolongeait et s'aggravait, il y aurait des risques de voir les hommes s'entretuer, le livre

s'altérer et l'apostasie recommencer.

Bref, Oth'man fit réunir tous les rouleaux et parchemins, désigna Zayd Ben Thâbit pour établir une version

définitive du Coran qui eut cette fois valeur contraignante pour tous. On rapporte que « le calife expédia des

copies de cette nouvelle version aux quatre métropoles de l’empire musulman, la Mecque (Arabie), Damas (Syrie)

Koufa et Bessorah (Irak) et donna ordre à toutes les provinces de détruire intégralement les autres recensions et

exemplaires du Coran.

Cette nouvelle version voulue et imposée a bouleversé l’ordre chronologique des sourates.

                Pourquoi classer les sourates par ordre décroissant de grandeur ? Il faut bien avouer que le lecteur qui ouvre

pour la première fois le Coran est dérouté par le manque d’enchaînement des sourates. On retrouve aussi cette difficulté

à l’intérieur même des sourates. Le Père Théry qualifiait cette recension othmamienne de « carambolage » n’ayant pas

d’autre but que de brouiller les pistes pour effacer les traces de la véritable origine de l’islam arabe, la première version

du Coran ou Corab étant la traduction en arabe des cinq premiers livres de la Bible. Comparez la sourate 51 v. 24 –37

à Genèse 18, v. 2-15 ; 16-33 et 19, v. 1-29. Pour plus de preuve encore, étudions la sourate 1 : Al-Fâtiha.