LES QUATRE BRANCHES
DE
L’ISLAM MILITANT EN FRANCE
LES FRERES MUSULMANS
Mouvement fondé
en Egypte en 1928, par Hassan Al-Banna, il est devenu la matrice de tous les
groupes se
réclamant d’une lecture
politique de l’Islam. Reprenant la formule de leur fondateur : « Le
Coran est notre
constitution », les Frères musulmans affirment que la réponse à tous les
problèmes du monde musulman se trouve dans
l’Islam.
Faute de pouvoir
instaurer un Etat islamique, ils œuvrent à une islamisation ‘par le bas’ de la
société par
l’éducation et le travail
social. Une partie des Frères musulmans s’est radicalisée sous l’effet de la
répression
nassérienne. C’est ainsi que
Sayyid Qotb a rédigé en prison Signes de piste, devenu le bréviaire de
l’islamisme.
En France, la
mouvance Frères musulmans se divise en deux branches : l’Association islamique
de France
(AEIF), qui se rattache aux
Frères musulmans syriens, et surtout Organisations Islamiques de France (UOIF),
qui se
rattache aux Frères musulmans
égyptiens. L’UOIF (Union des organisations islamiques de France) contrôle
plusieurs
grandes mosquées, comme celle de
Lille, et des associations satellites comme jeunes musulmans de France (JMF) et
Etudiants musulmans de France.
Elle insiste sur le thème de la ‘citoyenneté’ et se déclare favorable à la
laïcité,
moyennement des ‘aménagements’.
L’universitaire suisse Tariq Ramadan, petit-fils de Hassan Al-Banna, est
influent
dans ce courant, bien qu’il
démente tout lien officiel avec les Frères musulmans. Tous les ans, l’U.O.I.F
organise au
printemps un grand rassemblement
au Bourget.
Cette organisation diffuse le texte d’une conférence de Moshen Ngazou prononcée
le 3 mai 1998 au Bourget
portant sur « les critères pour une organisation musulmane en France. » L’auteur
y procède à un éloge du
fondateur des Frères Musulmans : « ce qui a distingué
l’Iman Hassan al-Banna que l’on place à juste titre et
avec tout le mérite dans la lignée des grands penseurs et réformateurs de
l’époque de la ‘Renaissance de la pensée
islamique’ et comme l’héritier et le prolongement de Jamal-addine al-Afghani,
Mohamed Abdou, Mohamed Rashid
Ridha et bien d’autres…c’est qu’il a su greffer cette
dimension organisationnelle à la dimension spirituelle et à
la dimension intellectuelle. » (Islam de France
N° 8 page 22)
Les cinquante demandes du programme des Frères Musulmans de Hassan al-BANNA
(1936) ont été traduites en
français et parues dans la revue : Islam de France N° 8
« Pour
Hassan al-Banna, l’accès des femmes aux fonctions publiques est défendu.
L’espace féminin se réduit au foyer
domestique et le
contact avec les hommes est interdit. » Islam de France N° 8. Dans ce même
numéro :
« L’Islam auquel
croient les Frères musulmans fait du pouvoir politique l’un de ses piliers (…)
l’islam authentique est
à la fois djihad et
action, religion et Etat. » (page 173)
L’UOIF est
membre du Conseil français du Culte musulman (CFCM) mis en place par M. Sarkosy,
Ministre de l’Intérieur et des
Cultes.
Au sein du CFCM,
la question de l’apostasie a été débattue. La réponse est qu’il est interdit
d’apostasier.
L'apostasie (c'est-à-dire le renoncement à l'islam) est punie de mort. Voici un
hadith de Boukhari qui fait autorité :
‘Muhammad a dit: « Quiconque abandonne sa
religion islamique, tuez-le. » (Vol. 9:57)
LE TABLIGH
Le plus grand
mouvement missionnaire de l’Islam, fondé en Inde, en 1927, par Muhammad Illyas.
Surnommés les ‘Témoins de
Jéhovah’ de l’Islam, ses adeptes appliquent une méthode particulièrement
efficace, le
khourouj ou la ‘sortie’, qui
consiste à faire du porte-à-porte dans un quartier, selon un plan préalablement
établi, pour
ramener les musulmans à la
pratique religieuse.
Implanté en
France depuis 1968, le Tabligh a joué un rôle déterminant dans la réislamisation
des immigrés
de la première génération, puis
dans celle des jeunes beurs.
Ses objectifs
sont strictement religieux et il se tient à l’écart de tout engagement
politique ; cependant
plusieurs spécialistes estiment
que le mouvement a pu être détourné de ses buts et utilisé malgré lui comme un
sas vers
l’Islam radical. Le Tabligh,
dont le centre se trouve à Saint Denis (Seine St Denis) est particulièrement
présent en
région parisienne, dans le Nord,
à Marseille, à Mulhouse et à Dreux.
