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ISLAM ET DEMOCRATIE

 

                Pour qu’il y ait démocratie, il faut que le pouvoir temporel soit distinct du pouvoir spirituel. Nous avons

tous en mémoire la fameuse sentence de Jésus : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

                L’Islam ne reconnaît des droits qu’à Allah et nie que les hommes eux-mêmes puissent en avoir. Il se

différencie du christianisme qui récuse notamment l’argument d’autorité (de soumission à l’autorité) pour accéder à la

foi et affirme au contraire la liberté et l’autonomie de l’homme ainsi que sa capacité à raisonner par lui-même.

                L’Islam est un bloc religieux, juridique et social dont rien n’est exclu. Cité de Dieu et cité terrestre s’y

confondent au lieu d’être clairement différenciées.

                Et ce mélange entre le temporel et le spirituel entraîne des conséquences politiques majeures que décrit sans

faux semblants Hussein el Kouatly, l’un des directeurs de Dar el-Fatwa, l’institution sunnite libanaise qui diffuse

des fatwas, c’est-à-dire des avis juridiques. Je le cite : « Le vrai musulman ne peut pas assumer une attitude neutre

vis-à-vis de l’Etat. Ou le chef de l’Etat est musulman et la loi est musulmane, alors il sera en accord avec l’Etat et le

soutiendra ; ou le chef de l’Etat est un non musulman et la loi est non musulmane, alors il rejettera l’Etat, s’opposera

à lui et travaillera à le détruire paisiblement ou violemment parce que l’Islam est un système complet et une attitude

totalisante. » (cf. quotidien libanais El-Safir du 18 septembre 1975 exposant la doctrine islamique en matière de

pouvoir.)

                C’est pourquoi, du Liban au Kosovo, de Bosnie à la Macédoine, toute société pluriculturelle incluant des

musulmans débouche tôt ou tard sur la revendication d’un Etat islamique. Car, pour être plus clair : « Le Coran fait

interdiction absolue à un musulman d’accepter la souveraineté d’un non musulman en terre d’Islam. Il n’y a à ce

principe aucune exception, ni à Jérusalem, ni au Caire, ni à Beyrouth, et pas même à Madrid ou peut-être demain, à

Paris. » (Les Cahiers de l’Ouest, n° 7, 1987, Paris.)

 

                Démocratie s’oppose aussi au djihad islamique. La doctrine islamique traditionnelle définit en effet

clairement deux zones géopolitiques distinctes et ennemies :

-          ‘La demeure de l’Islam’ (Dar al-Islam), c’est-à-dire l’ensemble des pays reconnaissant l’Islam comme

religion d’Etat.

-          ‘La demeure de la guerre’ (Dar al-Harb), à savoir le monde non musulman, impie.

Pour le Coran, il n’existe donc que ces deux types de territoires et de peuples : les musulmans et ceux qui ont

vocation à le devenir ! Comme le souligne Alexandre Del Valle, « entre le dar al-islam et dar al-harb, il ne peut y

avoir que des relations d’hostilité. Car, dans la théocratie islamique traditionnelle et dans l’idéologie islamique,

toute altérité religieuse n’est appréhendée qu’en termes d’inimitié politique. L’autre est un ennemi politique parce

qu’il est un ennemi religieux. »

Ce que je viens d’affirmer, à savoir l’incompatibilité entre l’islam et certains principes de notre civilisation, fait

aujourd’hui partie de notre droit public.

En effet, la Cour européenne des droits de l’homme a été amenée à juger de la compatibilité entre l’Islam et la

démocratie à l’occasion du conflit opposant le parti islamique turc REFAH au gouvernement d’Ankara qui l’avait

dissous. Les islamistes du REFAH, parti qui a recueilli plus de 30 % des suffrages en Turquie, ont plaidé auprès

de la Cour européenne des droits de l’homme, l’illégalité de la décision prise pour les dissoudre au motif qu’ils

avaient jusqu’ici respecté la démocratie et qu’ils n’avaient jamais préconisé la conquête du pouvoir par des moyens

violents.

La Cour européenne des droits de l’homme leur a donné acte de ces faits, mais elle a aussi observé que le parti

REFAH se référait explicitement à l’Islam et à la charia et que par conséquent son projet était incompatible avec

les valeurs démocratiques et qu’il était donc légitime de l’interdire.

C’est une décision du 31 juillet 2001 qui reconnaît donc officiellement et juridiquement l’incompatibilité entre

l’Islam et la civilisation européenne, l’islam et la démocratie.

 

A la date du dimanche 3 novembre 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip

Erdogan a obtenu la majorité des sièges à l’assemblée.

Recep Tayyip Erdogan, ancien maire d’Istambul, avait déclaré :

«  Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les mosquées nos casernes. » (Extrait d’un poème

de Ziya Gökalp)

Cette phrase lui avait valu son inéligibilité à la députation.

 

M. Habib ISHOW, irakien d’origine, est chercheur en France au CNRS. Dans l’interview accordée à La Voix du

Nord le 5 novembre 2002, il déclare : « J’étudie les pays du Moyen-Orient. Je me suis intéressé à l’Afrique du

Nord. Le même problème se pose. Donnez-moi un seul pays démocratique. C’est un blasphème de parler de

démocratie avec l’islam politique. Ces pays peuvent parfaitement devenir démocrates, mais dans le cadre de

l’islam, ce n’est pas possible. »