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EL-SAFIR

 

                Le quotidien libanais El-Safir (« Ambassadeur »), porte-parole officieux des dirigeants musulmans et de la

Syrie, publia le 18 septembre 1975 un article du directeur général de la principale institution sunnite de Beyrouth.

L’auteur y exposait les grands principes de la doctrine islamique en matière de pouvoir.

« Il y a une position claire  en Islam : Le musulman ne peut pas avoir une attitude indifférente vis-à-vis de

l’Etat et, ipso facto, admettre les demi solutions à l’égard du dirigeant et du pouvoir. Ou bien le dirigeant est

musulman et le pouvoir aussi, il en est donc satisfait et il l’approuve ; ou bien le dirigeant est non musulman  et

le pouvoir non islamique, alors il le rejette, s’oppose à lui et s’emploie à le supprimer par la souplesse ou par la

force, ouvertement ou en secret. Cette attitude découle d’un principe fondamental de l’Islam. Par conséquent,

c’est un fondement idéologique doctrinal du musulman et toute concession, même partielle, signifie forcément que

c’est une concession à son Islam. (…) »

 

« Sans l’Etat islamique, la doctrine du musulman est incomplète et la justice islamique l’est également : amputer

la main du voleur, lapider l’adultère, exécuter l’assassin, verser la zakat (l’aumône), entreprendre le djihad, tous

ces devoirs ne peuvent être totalement accomplis sans l’Etat islamique et le gouvernement des musulmans. »

               

                Voici la déclaration de M. Talaat-Pacha lors du congrès international de l’Ittihad (l’Union) en août 1910 :

« Vous savez que, selon les termes de la Constitution [de 1876], l’égalité entre musulmans et ghiavours (mécréants,

donc juifs et chrétiens) est assurée, mais vous comprenez tous fort bien que cet idéal est irréalisable. La charia, notre

passé historique et les sentiments de centaines de milliers de musulmans, ainsi que ceux des ghiavours eux-mêmes,

élèvent une barrière infranchissable contre l’établissement d’une égalité réelle. Il ne peut donc être question d’égalité

tant que nous n’aurons pas réalisé l’otto- manisation de l’Empire. »

(citée par Annie Laurent dans : L’Europe malade de la Turquie, Ed. F.X. de Guibert, page 111)

 

En regard de cet exposé doctrinal, que valent les articles 18 et 19 de la déclaration des droits de l’homme de 1948 ainsi

que la Charte des droits de l’Union Européenne. (Voir annexes)